La biomasse solide

Les énergies renouvelables coûtent relativement cher à leur lancement. Pour un particulier au budget limité, le bois-énergie reste la plus abordable, avec les cheminées, inserts, poêles et chaudières, là où le solaire, l'éolien ou l'hydraulique supposent un investissement plus lourd.

Qu'est-ce que la biomasse solide

La biomasse rassemble les matières organiques d'origine végétale, animale ou microbienne utilisables comme source d'énergie. Sa fraction solide comprend le bois sous toutes ses formes, les résidus agricoles (pailles, coques, marcs), les résidus des industries du bois, et les cultures dédiées.

C'est, de loin, la première source d'énergie renouvelable en France et en Europe, devant l'hydraulique, l'éolien et le solaire réunis.

Les formes du bois-énergie

La bûche, la plus ancienne, employée en chauffage domestique. Son rendement dépend d'abord du taux d'humidité : au-delà de vingt pour cent, une part importante de l'énergie sert à évaporer l'eau, le rendement s'effondre et les émissions augmentent.

Le granulé, sciure comprimée sans liant, normalisé, à faible taux d'humidité : il autorise l'alimentation automatique et les meilleurs rendements domestiques.

La plaquette forestière, broyat de branches et de bois de faible valeur, destinée aux chaufferies collectives et industrielles.

Et les connexes de scierie et le bois de recyclage, valorisés en cogénération.

Les technologies

Le poêle et l'insert modernes atteignent des rendements très supérieurs à ceux d'une cheminée ouverte, dont le rendement réel est proche de zéro, elle refroidit souvent la maison en aspirant l'air chaud vers le conduit.

La chaudière à gazéification, pour les bûches, sépare la production de gaz de sa combustion et atteint les meilleurs rendements de sa catégorie, à condition d'être associée à un ballon tampon.

La chaudière automatique à granulés fonctionne comme une chaudière gaz, avec un silo et une vis d'alimentation.

Et la cogénération biomasse produit simultanément électricité et chaleur, ce qui porte le rendement global à un niveau que la seule production électrique n'atteint jamais, d'où l'importance d'un débouché pour la chaleur.

Le bilan carbone, sans complaisance

Le bois est considéré comme neutre en carbone parce que le CO₂ libéré à la combustion a été absorbé pendant la croissance de l'arbre. Cette neutralité suppose deux conditions.

La première : que la forêt soit gérée durablement, c'est-à-dire que le prélèvement n'excède pas l'accroissement. C'est le cas en France, où la surface forestière augmente depuis un siècle et demi.

La seconde : que l'on tienne compte du décalage temporel. Le carbone est libéré immédiatement et réabsorbé sur des décennies. Pour un bois de grande dimension, cette « dette carbone » peut durer très longtemps, ce qui n'est pas le cas pour des résidus qui se seraient décomposés de toute façon.

La hiérarchie qui en découle est claire : valoriser d'abord les résidus et le bois sans autre usage, et réserver le bois d'œuvre à la construction, où il stocke le carbone pendant des décennies.

La qualité de l'air

C'est la principale limite du bois-énergie domestique, et elle est sérieuse.

Le chauffage au bois est la première source d'émissions de particules fines en France, devant les transports. Cette part est presque entièrement imputable aux appareils anciens et aux foyers ouverts : un appareil récent performant émet plusieurs dizaines de fois moins qu'un appareil des années 1990.

Trois gestes réduisent fortement les émissions : remplacer les appareils antérieurs à 2002, brûler du bois sec et non traité, et allumer par le haut, technique qui divise les émissions de la phase d'allumage.

Certaines agglomérations soumises à des plans de protection de l'atmosphère restreignent désormais l'usage des foyers ouverts, et le remplacement d'un appareil ancien fait l'objet d'aides locales.

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